Depuis son annonce, South of Midnight intrigue et fascine. Développé par Compulsion Games, le studio derrière Contrast et We Happy Few, ce jeu d’action-aventure promet une immersion unique dans le Sud américain où folklore et magie s’entrecroisent. Avec une sortie prévue pour le 8 avril 2025 sur Xbox Series X/S, PC et Xbox Game Pass, le titre est attendu par une frange de joueurs. Est-il un jeu envoûtant ? Ou une simple brise de fraîcheur ? On vous dit tout dans ce test sans langue de bois.
Un conte enchanteur et inquiétant
Il faut le dire, depuis la première apparition du jeu dans un événement Xbox, South of Midnight a su attirer l’attention sur lui grâce à une direction artistique en stop motion. Une direction artistique bien différente de ce que propose la concurrence, qui a rapidement fait mouche et que de nombreux joueurs ont comparé à l’excellent film L’Étrange Noël de Monsieur Jack de Tim Burton. Mais peut-on sérieusement comparer ce jeu à un film d’une telle qualité ?Oui et non, car les deux univers sont différents malgré un folklore et un ton mature dans la narration.
Dans South of Midnight, le jeu nous conte l’histoire de Hazel, une jeune femme habitant dans une petite maison près de la rivière avec sa maman, et dont la vie paisible est sur le point de basculer.
Alors qu’elle prépare des cartons de survie pour partir rapidement de la maison avec une radio, des piles ou encore de la nourriture, la jeune Hazel, encore adolescente, peste contre le retard de sa mère en cette journée agitée… La pluie tombe de plus en plus fort dehors, le vent se lève, et sa mère n’est toujours pas rentrée. Celle-ci travaille dans le social et aide les habitants de Prospero à se mettre à l’abri dans l’église du village pour survivre à un ouragan.
Votre mère arrive enfin… Mais au lieu de partir précipitamment avec vous pour se mettre à l’abri, elle vous demande de faire un tour dans le quartier et de voir si les voisins ont besoin d’aide. À ce moment-là, vous sortez faire le tour des maisons environnantes et assistez à une scène terrible. La montée des eaux est brutale, et vous ne pouvez pas rejoindre votre mère. Pire encore, le vent souffle très fort, et la maison vacille avant d’être emportée par le courant d’une rivière en crue…
Voyant cela, vous commencez à courir sur les chemins environnants dans l’espoir d’atteindre la maison prise par les flots. Mais le courant est trop vif, le vent trop fort, et vous finissez par perdre de vue votre maman, piégée dans cette maison.C’est ainsi que démarre le titre, et on ne sait pas encore dans quelle aventure South of Midnight nous embarquera.
Un gameplay entre exploration et tapisserie
Peu après cet événement, Hazel découvre qu’elle possède des pouvoirs surnaturels en tant que tisseuse. Elle est capable de réparer les liens brisés entre le monde des vivants et celui des esprits. Et c’est en plein désespoir et en pleine perte de sa maman que ce pouvoir lui fera rencontrer de nombreux personnages, dont l’attachant Barbotte, un gros poisson à qui vous devrez venir en aide.
Barbotte, lui, met la pression sur Hazel pour qu’elle lui vienne en aide et lui apprendra de son coté quelques ficelles sur « la tisseuse ». Barbotte, lui explique que si elle l’aide, il en fera de même en lui indiquant comment rejoindre sa mère… Mais comme tout jeu de qualité, le chemin sera rempli d’embûches, de situation tendue et proposera une multitude de clins d’œil qui seront rapidement compris par les Américains, mais pas forcément par l’ensemble des occidentaux ni par les autres joueurs du monde.
Comme on le disait plus tôt, le titre s’inspire du folklore du Sud des États-Unis et celui-ci met en scène des figures légendaires comme Two-Toed Tom, un alligator démoniaque, ou Huggin’ Molly, une ombre à la fois bienveillante et terrifiante.
Et si cela a l’air amusant dans les faits, ce n’est pas forcément le cas, car derrière ses personnages mythiques se cache des thèmes comme le deuil, la cruauté humaine, le désespoir, la mémoire et l’héritage culturel… Et l’on pourrait rapidement se demander si le jeu n’a pas germé dans la tête des développeurs après l’ouragan dévastateur Katrina, qui avait tout détruit à La Nouvelle-Orléans en 2005 au sud des Etats-Unis. Chez GeekNPlay, on pense que cela est lié, et l’on comprend tout de suite, le choix du lieu, de l’héroïne et des thèmes mis en avant… Même si, le ton mature tranche avec un gameplay accessible.
Enfin accessible, tout dépendra de votre choix de départ, car il est possible de jouer à South of Midnight en sélectionnant la difficulté. Les joueurs occasionnels et casual choisiront le mode histoire ou la difficulté facile pour se concentrer sur le scénario. Les joueurs y joueront en difficulté normale, et ceux cherchant un défi exemplaire opteront pour un niveau de difficulté plus accru.
Même si on peut l’avouer, le choix de difficulté ne se fera pas forcément ressentir immédiatement, il sera surtout lié aux combats ! Néanmoins, le début du jeu, malgré la perte de votre maman, est plutôt chill et se portera sur l’exploration, histoire de se faire la main avec le personnage et ses quelques compétences de départ.
Par la suite, les mécaniques de jeu de South of Midnight reposeront sur un mélange d’exploration, de combat, de plateforme et de résolution d’énigmes. Dans un premier temps, on prend du plaisir à explorer le monde de South of Midnight avec Hazel, car le tout est assez simplifié avec des zones bien définies et quelques chemins de traverse. Disons-le tout de suite : le jeu ne propose pas d’univers ouvert, ni même semi-ouvert, mais plutôt un monde cloisonné, avec quelques environnements à explorer.
Au début de l’aventure, c’est assez simple : il ne faut pas tomber dans l’eau, sous peine de reprendre au dernier point où se trouve votre héroïne, et bien évidemment éviter de faire descendre votre jauge de vie à zéro…
Mais cela se compliquera au fur et à mesure de l’aventure, car Hazel devra utiliser ses pouvoirs pour manipuler l’environnement, purifier des esprits corrompus et interagir avec des souvenirs brisés. Malheureusement, les traumatismes de certains personnages feront apparaître des ennemis à combattre dans les mondes que vous explorez. Ceux-ci seront assez vite reconnaissables, car les affrontements se déroulent dans des zones délimitées, de style arène, où il faudra combattre les « séquelles » et détricoter le nœud pour purifier la zone !
Ici, Hazel ne se bat pas avec des armes conventionnelles, mais avec des tissages magiques qui lui permettent d’attaquer, de se défendre et de piéger ses ennemis. Une approche originale qui, manette en main, permet de sauter, esquiver et frapper les ennemis avec des attaques simples ou en utilisant des pouvoirs comme :
- La répulsion, qui repousse l’attaque d’une créature.
- L’attraction de fils, qui permet d’approcher un ennemi ciblé pour le combattre au corps à corps.
- Une compétence d’emprisonnement, qui enferme un ennemi dans ses fils, façon Spider-Man, afin de lui asséner des coups sans qu’il puisse réagir.
On pourrait également parler de Crouton, le doudou de l’héroïne, qui peut être jeté sur les ennemis. Ceux-ci deviendront alors, pendant un court instant, vos alliés et attaqueront les cibles environnantes… mais seulement pour un laps de temps limité.
Pour les joueurs les plus pointilleux, non, il n’y a pas de bouton pour se soigner ! Néanmoins, dans chaque arène de combat, un espace de soin permettra de récupérer un peu de vie. Attention, ces zones ne sont accessibles qu’une seule fois. Vous voilà prévenus !Mais pas de panique, vous pouvez également faire remonter votre barre de vie en terrassant des ennemis… sauf que cela ne fonctionnera que sur les adversaires basiques, et pas sur les boss de fin de chapitre.
Vous l’avez compris, le jeu se découpe en plusieurs actes : d’un côté, l’exploration et les mécanismes, et de l’autre, les combats ! D’ailleurs, il est bon de noter qu’aucun combat ne surviendra au hasard, ils auront toujours lieu dans des arènes, où il faudra affronter des ennemis ou des vagues successives d’adversaires, avant de détricoter le nœud pour purifier la zone.
On peut le dire tout de suite : les ennemis sont variés, et certains plus redoutables que d’autres. Malgré tout, on aurait aimé un peu plus de diversité, car il ne sera pas rare de recroiser les mêmes créatures tout au long des 14 chapitres !
Certes, malgré la variété de monstres, certains reviendront durant toute l’aventure, notamment les premiers que nous combattrons… Et pourtant, ne comptez pas là-dessus pour espérer gagner rapidement un combat, car la plupart ont une bonne barre de vie, ils ne se laissent pas faire, et certains possèdent des attaques dévastatrices.
Pour revenir au gameplay pur et dur, parlons de Crouton, dont nous parlions plus haut. Il s’agit de la peluche de l’héroïne. Si celui-ci peut être utiliser au combat, il est également présent dans le gameplay du jeu où il pourra accéder à des endroits restreints comme des souches d’arbres ou des plateformes inaccessibles au-dessus d’un lac. Il faudra alors lancer Crouton de l’autre côté ,puis contrôler la peluche, car rappelons-le : Hazel ne peut pas toucher l’eau.
Un gameplay asymétrique qui casse quelque peu la monotonie de l’exploration. D’ailleurs, peut-on vraiment parler de répétitivité dans l’exploration ? Oui et non. Si chaque chapitre permet d’avancer dans une histoire, de faire la connaissance de nouveaux personnages, de combattre des boss et de fuir la brume Huggin’ Molly, le jeu ne cesse de proposer du contenu au fil des chapitres qui ravira les fans du genre.
Au fur et à mesure de l’aventure, l’héroïne peut atteindre des zones de plus en plus éloignées en courant sur des murs, en tissant un lien et en s’accrochant à un pilier ou à un arbre pour atteindre une zone lointaine, voire en utilisant une sorte de paravoile magique qui permet de se poser en douceur, de flotter dans les airs, voire de se laisser porter par les courants d’air. Au final, on se plaît à explorer chaque recoin du jeu, surtout que l’environnement est foisonnant de vie, mais attentions les dangers peuvent être présent partout entre ronce, champignons explosifs, ou encore ravins !
D’ailleurs, il est fortement conseillé de regarder ou l’on met les pieds et surtout de regarder derrière soit, sans foncer tête baissée sur le chemin indiqué, car des items cachés permettant d’augmenter sa barre de vie de façon irréversible sont dissimulés ici et là, voir desi tems pour votre arbre de compétences ! Faites bien attention, cars souvent, le jeu nous pousse dans la direction opposée… Alors ouvrez bien les yeux !
Une direction artistique hypnotique, et une bande son incroyable
Vous l’avez compris, le gameplay est assez classique en proposant de l’exploration, des combats, des mécanismes à activer, voire des objets à déplacer pour atteindre certaines zones. Pourtant, malgré ce classicisme ambiant, je n’ai pas pu décrocher du jeu de Compulsion Games. Pourquoi ? Tout simplement pour sa direction artistique à couper le souffle.
L’un des éléments les plus frappants de South of Midnight réside dans sa direction artistique atypique. Compulsion Games a choisi une approche visuelle inspirée de l’animation en stop-motion, apportant au jeu une identité forte et reconnaissable. L’univers, composé de bayous embrumés, de cités délabrées et de forêts, le tout fourmillant de vie, avec un renard passant par-là, un lapin, des bourrasques de vent, un coucher de soleil splendide, le tout dans une ambiance à la fois fascinante et inquiétante.
Côté bande-son, le jeu s’appuie sur des influences blues, gospel et country, avec des morceaux qui plongent directement dans l’ambiance du Sud-américain profond. Un choix qui renforce l’immersion et donne à chaque moment une résonance émotionnelle forte. On ne peut que féliciter Olivier Derivière, le chef d’orchestre sonore du jeu, pour son travail exemplaire. Le mot qui me vient à l’esprit est « Wahouu », tant la bande-son est saisissante… J’en perds mes mots !
Une aventure pleine de vie, mais…
On peut le dire, South of Midnight nous a comblés par ses graphismes, ses environnements vivants, sa bande-son d’une qualité rare, ainsi que les thèmes matures mis en avant !Malgré toutes ses qualités, le jeu n’est pas parfait, et il est bon de parler des sujets qui fâchent…
Si l’on prend du plaisir à explorer le jeu durant les premières heures, on a parfois l’impression, par la suite, de le subir tant la répétitivité est présente. On explore, on combat des créatures, on échappe à la brume… puis bis repetita, on recommence avec une nouvelle histoire au chapitre suivant, et ainsi de suite.
Verdict : on a rapidement la sensation de toujours faire la même chose. Et malgré une évolution constante des capacités de l’héroïne et une difficulté accrue pour certaines créatures, la lassitude pourrait gagner certains joueurs.De l’autre côté, nous ne pouvons pas ignorer les différents lieux à explorer dans le jeu. Si certains proposent des zones semi-ouvertes, d’autres ressemblent davantage à des couloirs avec peu de chemins à suivre…
En dehors de cela, il faudra parfois s’accrocher avec son fil en appuyant sur la touche LB de votre manette tel un Spider-man du tissage. Mais il ne sera pas rare d’appuyer sur le bouton et de voir l’héroïne tomber dans le vide. On a eu l’étrange sensation qu’il y avait parfois un input lag entre le moment où l’on appuie sur le bouton LB et ce qui se passe à l’écran ! Est-ce que cela sera corrigé à la sortie du jeu le 8 avril ? On l’espère.
Pour finir, comme tout bon « Bomboy » qui se respecte, j’ai encore eu un bug impactant avec la peluche qui n’a pas réagi comme prévu : impossible de la déplacer, impossible de la supprimer, et donc… impossible d’avancer dans l’aventure. Par chance, en redémarrant le jeu, tout est revenu dans l’ordre, et j’ai pu pousser un soupir de soulagement, car j’avais déjà bien avancé, et il aurait été dommage de tout reprendre à zéro. Enfin, on pourrait noter quelques rares soucis de caméra, ici et là. Mais le plus important reste sans doute lors d’un combat de boss : une caméra trop proche, qui empêche de voir les objets à lui jeter au visage… C’est dommage, même si cela est assez rare en jeu.
Conclusion
Tel une véritable œuvre d’art, South of Midnight ne manquera pas de diviser son public.D’un côté, il y aura des joueurs, comme moi, qui adoreront l’expérience de jeu et prendront le temps d’admirer sa direction artistique unique. Avec son environnement en stop-motion, son univers foisonnant de vie et sa bande-son d’une qualité rare, le tout s’étalant sur 14 chapitres, le jeu offre une véritable odyssée sensorielle et émotionnelle. De l’autre côté, certains pointeront du doigt une certaine répétitivité dans le gameplay et pourraient ne pas apprécier le style graphique audacieux choisi par Compulsion Games pour South of Midnight.
Au final, la vérité se situe peut-être entre les deux. La meilleure façon de se faire un avis ? L’essayer par vous-même grâce au Game Pass !Quel que soit votre ressenti, une chose est sûre : South of Midnight ose proposer une expérience artistique audacieuse qui mérite d’être découverte par tous !
*Test effectué sur Xbox Series X via un code fourni par l’éditeur
Conclusion
Les plus
- Une direction artistique en stop motion de qualité, avec une multitude de détails et de vie
- Une excellente bande-son d'Olivier Derivière
- Des thèmes matures abordés tels que le deuil, la cruauté humaine, etc.
- Le folklore américain, qui permettra au grand public de découvrir quelques créatures mythiques
- Une durée de vie correcte, regroupée en 14 chapitres. (Environ 12/15h)
Les moins
- Une certaine répétitivité du gameplay, qui ne plaira pas à tout le monde
- On aurait aimé des mondes un peu plus ouverts
- Quelques rares soucis de caméra
- On cherche encore… 🤔



















