Depuis le début du mois, il est possible de découvrir la suite des aventures des petites boules gluantes imaginées par Kyle Gabler et Ron Carner. En effet, plus de 15 ans après le premier épisode, les développeurs de 2D Boy nous proposent de (re)découvrir les charmantes « boules de Goo » dans un nouvel épisode qui fait à nouveau la part belle à votre esprit logique. Peut-on jouer à cette suite sans connaître le 1er épisode ? Le plaisir est-il toujours présent ? Jouer avec des Joy-Con est-il tout aussi plaisant que de jouer avec une souris ? Le titre vous réserve-t-il son lot de surprises ? Autant de questions auxquelles nous tâcherons de répondre à travers notre test de World of Goo 2 réalisé sur Nintendo Switch. (Ça a son importance !)

L’origine du « Goo »

Sorti en 2008, World of Goo a su marquer les esprits des joueurs qui ont choisi d’y jouer. Parlez-en autour de vous et vous verrez un sourire se dessiner sur le visage de vos interlocuteurs. Il faut dire que ce puzzle game imaginé par deux anciens employés d’Electronic Arts a tout pour plaire.

Le gameplay est on ne peut plus simple : il suffit de construire des structures à l’aide de petites créatures rondes afin de les amener à un tuyau de sortie. Au fur et à mesure de l’aventure, de nouveaux types de Goos apparaissent avec leur caractéristique propre et permettent de varier et d’enrichir la jouabilité.

Outre son gameplay efficace (nous y reviendrons), le titre avait su dégager une atmosphère unique qui a fortement contribué à son succès. Notamment avec ses graphismes au style cartoon, mais également avec sa bande-son humoristique et ses thèmes musicaux parfois mélancoliques. Un sentiment de mal-être agréable pouvait ainsi surgir au cours de votre aventure. Une dualité d’état psychologique dont peu de titres peuvent se vanter. La principale question était de savoir où donc ce satané tuyau amenait nos petites boules de Goos.

Un gameplay accessible mais qui demande du temps à être maîtrisé.

Le gameplay de la suite de ce puzzle game n’a pas changé. Il est on ne peut plus simple avec son principe de glisser-déposer. La difficulté vient de l’importance des forces qui s’exercent sur la structure. Plus vous rendez la structure haute, plus elle vacillera ! Les Goo ressemblent plus à du pétrole qu’à du ciment et leur poids joue également un rôle dans la structure. Un conseil : consolidez bien vos bases et soyez réactifs ! Car vous n’êtes jamais à l’abri que votre structure « casse ». Heureusement, un insecte volant vous permettra de revenir un petit peu en arrière dans le temps afin d’éviter la catastrophe et de mener votre mission à bien.

Cette suite reprend donc le gameplay du 1er épisode en l’enrichissant de nouvelles boules de Goo et en proposant encore plus de défis. Chaque niveau vous propose 3 challenges : temps, nombre de Goo sauvés et nombre d’actions. Force est de constater que ce n’est vraiment pas évident à réussir. De véritables épreuves en somme.

Certains niveaux sont également particulièrement corsés et restent heureusement optionnels. Sinon, chaque niveau réserve un level design singulier et réussi. Vous pouvez y passer de quelques minutes à plus d’une demi-heure dans certains cas !

Enfin, le titre vous réserve une vraie surprise de gameplay avec son 4e chapitre, mais ne comptez pas sur moi pour vous divulgâcher votre plaisir ! En tout cas, il n’est pas nécessaire d’avoir joué au premier épisode pour apprécier cette suite.

Le scénario

L’histoire de World of Goo 2 est encore plus barrée que le script du 1er épisode. Vous suivrez ainsi les tribulations d’une puissante entreprise qui a changé de nom pour devenir une organisation à but non lucratif respectueuse de l’environnement, durable, verte, propre et qui s’occupe du traitement des Goo. Aidez-les à rassembler autant de Goo que possible… Mais que veulent-ils réellement ?

Attendez-vous à être surpris, car le scénario est tout de même bien perché et vous laissera certainement dubitatif ! Mais peu importe ! Le charme opère à nouveau ! Encore une fois, le 4e chapitre vous transpose dans un délire remarquable et rafraîchissant !

Seul gros défaut de cette aventure… Sa brièveté… Comptez une dizaine d’heures pour assister aux crédits. De plus, à part réaliser les challenges proposés dans chaque niveau, aucun réel « bonus » vous attend. Pas de « World of Goo Corporations » ou d’éditeur de niveaux inclus dans cette suite. On en viendrait presque à regretter que le 1er épisode ne soit pas offert avec l’achat de World of Goo 2.

Néanmoins, cette expérience éphémère laisse un « goo » agréable et on est malgré tout heureux d’avoir achevé l’aventure. Le vrai défaut de cette suite est d’y jouer sur Nintendo Switch.

Une maniabilité peu précise sur Nintendo Switch.

L’auteur de ce test avait découvert World of Goo en 2008 sur PC. Pour cette suite, l’occasion d’y jouer autrement s’est imposée et fut d’abord accueillie avec enthousiasme. Malheureusement, ce sentiment fit vite place à de la frustration.

Les joueurs qui choisiront de jouer à World of Goo 2 sur la console hybride de Nintendo auront à leur disposition 3 types de jouabilité :

En mode nomade, l’écran tactile vous permettra de contrôler vos Goos du bout des doigts. Un principe qui, sur le papier, est appétissant ! Malheureusement, le principe montre vite ses limites. Nos « gros » doigts ayant tendance à masquer l’opération en cours. Ce problème de visibilité devient vite gênant, et ce, malgré la présence d’une fonction zoom qui permet d’être au plus près de l’action.

En mode dock, deux options s’offrent à vous : la première vous permet de jouer avec votre manette « gamer » équipée de la fonction gyroscopique. En effet, les sticks ne viennent pas remplacer le pointeur de souris et il vous faudra gesticuler afin de glisser/déposer vos petites boules gluantes. Attention aux crampes à long terme si vous vous cramponnez trop à votre manette.

La seconde option consiste à vous servir de vos Joy-Con. C’est ainsi que votre serviteur a pu terminer le jeu dans des conditions relativement bonnes. En effet, une fois paramétrée, on arrive tant bien que mal à pointer et déposer plus ou moins précisément nos Goos. Mais l’exercice devient beaucoup plus périlleux lorsque l’on décide d’agir vite. En effet, il n’est pas évident de rattraper un Goo qui se casse la figure ou de consolider une structure qui s’étiole dans le feu de l’action. Ainsi, les challenges proposés pour chaque niveau seront beaucoup plus accessibles pour les joueurs PC que pour les joueurs Nintendo.

Ainsi, si nous apprécions l’adaptation du gameplay pour pouvoir y jouer via la détection de mouvement des Joy-Con ou via l’écran tactile de la console, le plaisir de jouer s’étiole quelque peu face au manque de précision et à la rigidité de l’exercice. Le plaisir peut alors laisser place à de la frustration. Une sensation que ne devraient pas rencontrer les joueurs adeptes du clavier-souris. D’autant plus que j’ai souvent rencontré un bug qui faisait que la gâchette de mon Joy-Con gauche ne répondait simplement plus sur les Goos mais fonctionnait pour toucher l’insecte blanc. Plutôt gênant, même si le Joy-Con droit est également utilisé (mais lag un peu parfois). Le phénomène devrait toutefois être corrigé via une prochaine mise à jour.

Conclusion

À la lecture de mon test, vous aurez compris que World of Goo 2 est un must-have pour les amateurs de puzzle game. En effet, 16 ans après le 1er épisode, les développeurs de 2D Boy proposent une suite convaincante et globalement originale malgré une durée de vie courte. Toutefois, et comme l’indique l’introduction de ce test, c’est la version Nintendo Switch qui est testée ici… et la note présente ci-dessous correspond donc à cette version. Si cette critique concernait la version PC, j’aurais personnellement mis une note supérieure à 8. Sur Nintendo Switch, le gameplay déçoit au point de devoir lui attribuer ce 7.1 qui rend donc le titre dispensable… A fortiori au prix où il est proposé. Dommage.

World of Goo 2

0.00
7.1

Note

7.1/10

POINTS POSITIFS

  • Une suite réussie
  • Un gameplay qui a fait ses preuves
  • Les bruitages et l’OST
  • Le chapitre 4
  • La direction artistique et lelevel design

POINTS NÉGATIFS

  • Maniabilité crispante sur Nintendo Switch
  • Un peu cher et un peu court
  • On veut une suite sans attendre plus de 15 ans
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yancha

Rédacteur avec pas mal d'XP au compteur ayant grandi avec les bornes d'arcades à l'ère 8 et 16 bits.

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