Disponible depuis près d’un an sur PlayStation et depuis quelques mois sur PC, Tchia a débarqué depuis peu sur la console hybride de Nintendo. L’occasion pour Geeknplay de découvrir l’aventure hors norme de cette jeune fille qui évolue dans des décors paradisiaques inspirés par la Nouvelle-Calédonie. Découvrez sans plus attendre notre avis sur ce titre indépendant signé Awaceb et édité par Kepler Interactive.
Avant Propos
Dès le titre lancé et avant d’attaquer votre aventure, vous aurez droit à « un petit mot de l’équipe » de développeurs. Ce préambule permet de nous renseigner un peu plus sur le contexte de votre future aventure vidéoludique. Comme évoqué précédemment, Tchia est un jeu inspiré par la Nouvelle-Calédonie, une petite île située au milieu de l’océan Pacifique entre l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Tahiti. C’est la terre natale des co-fondateurs du studio Awaceb et Tchia est leur lettre d’amour envers ce lieu unique. Ainsi, le titre est profondément inspiré par les paysages, les musiques, les langues et le folklore de ce lieu haut en couleur. Le doublage des protagonistes a été effectué par des comédiens locaux en français et en Drehu.
Toutefois, malgré cette inspiration prégnante, le monde et l’histoire de Tchia sont purement fictifs.
Enfin, il ne faut pas oublier la crise que l’archipel a connue en mai 2024 et l’état d’urgence qui en a découlé. La situation reste tendue mais passe malheureusement quasi inaperçue dans le paysage audiovisuel français actuel.
Mais ne nous égarons pas et plongeons sans plus attendre dans l’aventure colorée de Tchia dont le PEGI déconseille l’utilisation avant 12 ans.
Il était une fois…
L’histoire commence dans un orphelinat, où le soir venu, une vieille dame décide une nouvelle fois de raconter aux orphelins l’histoire d’une petite fille nommée Tchia.
Dans les doux rayons du soleil caressant l’horizon, cette dernière vivait avec son père. Ce jour-là, la jeune fille fêtait ses 12 ans. Elle avait toujours été mélancolique le jour de son anniversaire. Après avoir reçu un lance-pierre des mains de son père, Tchia passa la soirée à chanter avec lui près du feu.
Le lendemain, le père et la fille reçurent la visite de leur ami Tre. Celui-ci leur rendait visite une fois par mois pour leur apporter des provisions et papoter avec eux. Mais ce jour-là, le vieil homme fut suivi par Pwi Dua, une sorte de mercenaire accompagné d’étranges sbires qui, à bord d’un hélicoptère, atterrirent sur l’île. Il s’avère que le truand cherchait depuis longtemps le père de Tchia. Il entreprit donc de kidnapper le paternel sous les yeux médusés de la jeune fille qui ne put se résoudre à rester cachée. Animée par une force intérieure inconnue jusque-là, l’œil droit de Tchia prit alors une lueur d’émeraude et la jeune fille parvint à prendre possession de la machette de l’ignoble individu ! Mais rien de cela n’empêcha l’énergumène d’accomplir son ignoble méfait.
Tre ne pouvant s’occuper de la jeune fille, débuta alors pour Tchia une véritable odyssée. Armée de son courage et de sa capacité unique qui lui permet de prendre possession d’objets mais également de la faune et de la flore qui l’entourent, la jeune fille devra déjouer les plans d’un tyran si elle souhaite parvenir à ses fins.
« Va, cours, vole et venge-moi. »
Les aventures de Tchia se déroulent donc dans un petit monde ouvert principalement constitué de deux grandes villes. Il faudra dès lors apprendre à manœuvrer le bateau pour se rendre rapidement d’un endroit à l’autre. Très vite, l’envie de contrôler un oiseau ou un poisson se fera sentir. En effet, la capacité de Tchia lui permet de quasiment tout contrôler, que ce soit un petit rocher, un crabe, un sanglier, un oiseau, un chat ou même une baleine. Toutefois, son pouvoir est limité dans le temps et il faudra réussir certaines quêtes secondaires pour améliorer cette jauge de temps. Les activités proposées par les développeurs dans Tchia sont variées et certaines sont assez originales. Ainsi, par exemple, vous entreprendrez rapidement de réussir des « empilements de pierres ». Une fois réussie, ces structures débloqueront chez notre héroïne la capacité de jouer des mélodies magiques à l’aide de son ukulélé. Grâce à ces mélodies d’âmes, vous serez en mesure de contrôler la course du soleil et même de faire apparaître certains animaux comme par magie.
Vous aurez également l’occasion de jouer de votre instrument lors de vos rencontres avec les autochtones, profitant ainsi de mélodies inspirées des chants traditionnels de la Nouvelle-Calédonie. Si suivre la musique vous semble fastidieux, l’option « autoplay » est disponible et vous pouvez même zapper la scène entière. Cependant, il serait dommage de ne pas profiter de ces scènes bucoliques où l’ambiance musicale est très réussie.
En outre, se rendre en hauteur en incarnant un oiseau vous permettra de découvrir les objets à collecter alentour. Les poupées tressées et les perles vous permettront de débloquer de nouveaux costumes qui peuvent améliorer votre endurance ou vos capacités. Le jeu vous propose également de participer à des courses à pied, en bateau ou dans la peau d’un animal. Passer des checkpoints dans la peau d’un oiseau est plus agréable qu’à pied, vous permettant d’obtenir des coupes que vous pourrez échanger dans des « machines à grappin » pour obtenir de nouveaux habits. Une utilité relativement dispensable donc…
Il en va de même concernant le contrôle d’animaux ou d’objets en général. Contrôler un animal facilitera votre déplacement et la découverte de secrets, mais cela reste néanmoins dispensable. Toutefois, les premiers moments passés dans la peau d’un animal peuvent s’avérer amusants. Par exemple, l’oiseau a la capacité de « fienter » à volonté. Cela n’apporte rien, mais vous trouverez cela fort amusant. Les vaches peuvent également produire des bouses aux propriétés explosives ! Les poules pondent des œufs presque de leur taille, ayant également des propriétés explosives ! Cela ne sert pas à grand-chose, mais vous pourrez quand même les déposer dans votre sac à dos pour les jeter sur vos ennemis ! Même si l’utilisation de jerrican d’essence, de lampe à huile ou de pierre mystérieuse sera tout aussi efficace.
Les ennemis ne sont pas vraiment nombreux et se cachent dans des camps. Le titre laisse donc une grande part à l’exploration entre deux missions de quête principale. L’histoire se déroule en 10 actes et reprend les schémas des contes classiques. Amour, quête intérieure, drame, passage à l’âge adulte, le titre suit une trame classique mais pourtant originale. Ainsi, une fois terminée, on repose la manette avec le sentiment d’avoir participé à une grande aventure. Malheureusement, tel un roman dont les chapitres s’étendent en longueur, il restera quelques défauts au titre qui nous auront fait quelque peu pester.
Les défauts de ce monde paradisiaque
Si vous avez vu notre note avant la lecture de cette critique, vous savez d’ores et déjà que Tchia n’est pas le must-have que l’on était en droit d’attendre. En effet, de nombreux défauts desservent cette aventure qui a pourtant tout pour plaire, à commencer par la technique. Je n’ai pas eu l’occasion de jouer au titre sur des plateformes plus solides que la Nintendo Switch, mais force est de constater que le rendu visuel peut parfois faire un peu tache sur la console de Nintendo sortie en 2017. Loin d’être laid, le titre souffre toutefois d’environnements un peu vides. Ainsi, la capitale du jeu avec son nombre réduit de voitures manque un peu de vie. Vous n’aurez pas l’occasion de rentrer dans les boutiques et même si nous ne souhaitions pas retrouver l’ambiance d’un GTA, l’attractivité de cette métropole aurait pu être plus grande. D’ailleurs, il n’est pas rare de croiser des PNJ quelque peu penchés.
Le framerate souffre également de quelques ralentissements lorsque de nombreux personnages apparaissent à l’écran. Le titre n’est pas exempt de certains clippings par moment. De plus, lorsque vous incarnez un animal et que vous tombez d’une falaise, vous verrez votre corps se mouvoir dans tous les sens pour un rendu quasi malsain. Il en va de même avec Tchia qui peut dévaler 400 mètres de dénivelé sans mourir. Le titre n’est donc pas difficile et pourrait s’adresser aux plus jeunes, même si quelques moments dans le scénario risquent de choquer les âmes les plus sensibles.
Cette facilité se retrouve également dans les combats. L’IA de vos ennemis est inexistante. Ce ne sont que des pantins attendant d’être dégommer. Certains sont d’ailleurs un peu trop cachés et vous risquez de galérer pour les trouver. Mais purifier tous les camps d’ennemis ne vous apportera rien d’autre qu’une satisfaction personnelle. Enfin, la « chasse au trésor » est une quête secondaire qui prolongera votre aventure de quelques heures et saura mettre à profit la spécificité de certains animaux qui restaient anecdotiques jusqu’alors. Elle vous permettra d’en savoir un peu plus sur le background du jeu mais reste tout à fait dispensable.
Conclusion
Tchia est un titre d’aventure minimaliste qui saura enchanter les joueurs avides de dépaysement. Un titre facile à jouer qui vous changera des quêtes un peu trop épiques. Un titre récréatif qui peut donner parfois l’impression d’être un peu vide. Car si le titre de Phil Crifo propose un gameplay alléchant, il échoue parfois à le mettre réellement à profit. Il n’en demeure pas moins un titre attachant à l’esthétique unique réussie et qui profite d’une bande son dépaysante. Un titre qui, malgré ses défauts, mérite néanmoins de figurer dans votre ludothèque.
Tchia
0.00POINTS POSITIFS
- Une histoire attachante, originale et efficace
- Le gameplay
- La bande sonore et les doublages
- Incarner des animaux et pouvoir déféquer
POINTS NÉGATIFS
- Techniquement dépassé
- L’absence de sound test et souvent trop silencieux
- La spécificité du gameplay mal employée
- Des scènes de combats vraiment molles

























