Pokémon Écarlate et Violet

 

Aujourd’hui, il est difficile de ne pas connaitre la célèbre franchise créée par Satoshi Tajiri. Depuis trois décennies, le créateur et producteur de jeu vidéo japonais et fondateur et président de Game Freak fait rêver les enfants (et les adultes) du monde entier et le dernier opus en date sorti le 18 novembre 2022 sur Nintendo Switch ne fait pas exception à la règle. Encore une fois, Pokémon Violet et Pokémon Ecarlate invitent les joueurs à parcourir la région de Paldea (qui s’inspire de l’Espagne et de la péninsule ibérique) et à découvrir les « monstres » de la neuvième génération. Et si cette dernière est pleine de bonnes idées, le design des Pokémon laisse de plus en plus à désirer…

Nouveau départ, nouvelle vie :

PokémonLa nouvelle région de Paldea s’inspire de l’Espagne et de la péninsule ibérique. C’est une région magnifique et variée, avec en son centre un cratère particulièrement grand et énigmatique, surnommé Zone Zéro. En tant que nouveau pensionnaire de l’Académie Naranja ou Uva, selon votre version, vous allez suivre des cours et vous faire des amis, tout en apprenant tout ce que vous devez savoir sur le monde des Pokémon. On retrouve encore une fois le schéma classique de la licence qui a fait ses preuves avec le temps même si celui-ci tente de proposer quelques petites nouveautés aux habitués du genre. Il ne faut pas longtemps avant d’être envoyé à la chasse au trésor, une étude indépendante qui envoie les étudiants de l’académie dans la région de Paldea pour trouver leur propre trésor. Il s’agit d’un objectif qu’ils se sont fixé eux-mêmes, et d’un voyage de découverte de soi qui convient parfaitement à la nouvelle approche du monde ouvert de Pokémon Violet et Écarlate.

Seulement voila… Si sur le papier ce nouvel opus semble plein de charme, une fois la manette en main la réalité est tout autre. La Nintendo Switch accuse le coup et la pauvre a du mal à sortir un jeu de qualité. Dès les premières secondes, les ennuis commencent et les bugs s’enchainent. Chute de FPS, personnages et Pokémon qui disparaissent et apparaissent sous votre nez, décors dépassés (on se demande parfois si il ne s’agit pas d’un portage d’une version Game Cube…)…bref le jeu est loin d’être terminé et c’est la douche froide. Dommage car la région de Paldea regorge de mystères, de choses à faire et de péripéties. Difficile aussi de se dire qu’après 26 ans de RPG linéaires et directs, les développeurs de chez Game Freak aient enfin eu l’idée de regarder les joueurs de Pokémon droit dans les en leur disant : « C’est bon, allez où vous voulez. » Dès que vous quittez l’école après le tutoriel, vous pouvez courir jusqu’aux zones de fin de jeu remplies de puissants dresseurs et de chefs d’arènes et attraper des Pokémon de haut niveau. Pour ceux qui craignent de sauter accidentellement dans une zone trop difficile, n’ayez crainte : Paldea est en grande partie conçu pour ceux qui recherchent un défi plus graduel, et encore plus pour ceux qui veulent se perdre, revenir en arrière et s’éloigner des sentiers battus.

Une région plein de surprises :

PokémonÉtant donné qu’il n’y a pas d’échelle de niveau en jeu (comme le veut la tradition Pokémon), l’exploration de Paldea à un rythme régulier mais non guidé vous fera inévitablement rencontrer des ennemis qui sont soit très difficiles, soit trop faciles à différents moments. Se retrouver face à un dresseur qui n’a que quelques niveaux de plus que vous peut être très amusant, surtout lorsqu’un Pokémon inattendu de votre équipe vient s’interposer pour remporter la victoire et gagner un énorme tas d’EXP. Avec environ 400 espèces différentes de Pokémon disponibles, parcourir les zones de bas niveau et trouver des monstres pour compléter notre Pokédex est toujours aussi satisfaisant. Ce sentiment est malheureusement de courte durée car la plupart des nouveaux Pokémon de cette génération ont un design plus que discutable… Cependant, le comportement des monstres s’est également beaucoup amélioré : régulièrement, vous allez rencontrer un groupe de Poichigeon, un banc de Magicarpe qui tente de remonter le cours d’eau ou encore des troupeaux de Vivaldaim protégés par un Haydaim majestueux. Avec autant de monstres à voir, il était merveilleusement facile de se perdre et de se laisser distraire dans les différents biomes de la région.

Se déplacer à travers les plaines et les déserts rocheux du pays de Paldea est également plus simple grâce à l’intégration d’une monture que vous obtenez dès le début du jeu. Dans tous les cas, cette monture peut être utilisé comme une bicyclette et être améliorée par de nouvelles options de mouvement au cours de l’une des trois intrigues principales. Les améliorations de vitesse, d’escalade et de natation sont toutes utiles pour traverser rapidement les grandes étendues paldéennes, même si elles n’arrivent pas à la cheville de celle que vous obtenez dans Pokémon : Légendes : Arceus. Le fait de traverser tout ce territoire d’une traite donne à Paldea une impression de vide frappante même si le jeu bénéficie d’une grande variété de Pokémon, d’une tonne d’objets cachés, et de nombreux secrets. Toujours est-il que Pokémon Violet et Écarlate n’a vraiment pas le même niveau de détail que d’autres jeux Switch à monde ouvert comme The Legend of Zelda : Breath of the Wild ou Xenoblade Chronicles 3… Les défaut sont encore plus prononcés lorsque vous regardez de près les détails qui composent le décor. Heureusement, les villes sont toutes uniques, colorées et pleines de personnalité. Chacune d’entre elles possède des bâtiments et des points de repère distincts et il est clair que l’équipe a beaucoup réfléchi pour les modeler d’après divers lieux spécifiques de l’Espagne réelle et de ses environs. Mais la plupart du temps, la réflexion s’arrête là. La plupart des bâtiments sont des façades dans lesquelles vous ne pouvez pas entrer, sans rien à faire autour. La plupart des magasins ne sont que des menus que vous ouvrez en interagissant avec la porte, et les plus grandes villes ont les mêmes devantures répétées à l’infini.

Un jeu en demi teinte :

Pokémon Écarlate et Violet dracaufeuCe manque d’intérêt s’étend malheureusement aussi à de nombreux PNJ disséminés dans le monde. Les jeux Pokémon plus anciens étaient parsemés de personnages qui engageaient de courtes conversations avec vous sur des astuces de jeu, des Pokémon, l’histoire du monde, ou simplement des phrases idiotes qui leur donnaient de la personnalité. Cet élément n’est pas absent de Violet et Écarlate, mais il est nettement moins présent, comme si quelqu’un avait manqué de temps pour écrire des dialogues intéressants pour tous ces gens qui se promènent dans leurs villes. Une grande partie des dialogues des PNJ, qu’ils soient dresseurs ou spectateurs, se résume à « J’aime les Pokémon ! », tandis que les explications plus approfondies du monde sont reléguées aux cours que vous pouvez suivre à l’école. Alors que les jeux précédents suivaient essentiellement une seule intrigue avec quelques distractions momentanées, les trois histoires principales de Violet et Écarlate sont une idée dont Game Freak a su tirer le meilleur parti. En donnant à chaque histoire son propre fil conducteur et ses personnages principaux plutôt que de les mélanger tous ensemble, ce nouvel opus permet de renouveler la série sans pour autant changer drastiquement de direction et c’est ce qui plaira aux fans de la première heure. La personnalisation des personnages est de retour, et si le design initial du visage des personnages est beaucoup plus détaillé que par le passé (sauf pour la teinte de la peau, nous sommes toujours limités à seulement quatre options pour une raison quelconque), la personnalisation des vêtements est tout simplement triste. Épée/Bouclier et Arceus avaient tous deux des tonnes de jolies tenues parmi lesquelles choisir, mais dans Écarlate et Violet, vous n’aurez que quatre uniformes scolaires laids… jusqu’à la fin du jeu. Vous pourrez toutefois acheter des chapeaux, des sacs à dos, des chaussures, des chaussettes, des gants et des lunettes, mais la tenue principale que vous allez porter pendant les 50 prochaines heures est criarde à souhait et vraiment… insupportable à porter…

Une autre fonction de soutien qui revient avec des modifications importantes est la possibilité pour les Pokémon de vous suivre dans le monde. Cette fois, vous pouvez également les envoyer pour qu’ils combattent automatiquement les Pokémon sauvages qu’ils rencontrent, vous faisant gagner de l’EXP et des objets en conséquence. Cette fonctionnalité est intéressante mais il est difficile de savoir si vos Pokémon vont réellement cibler ce que vous leur demandez. Pour finir, parlons du système de combat. Ce dernier reste inchangé par rapport aux jeux Pokémon précédents et se permet même d’enlever un élément majeur apparu dans les derniers jeux de la franchise : le mode Dynamax.Celui-ci est remplacé par la Téracristallisation. Un terme fantaisiste pour désigner un mécanisme qui donne temporairement à un Pokémon de votre groupe un monotype surpuissant et un nouveau chapeau. Si cette fonction peut être activée par n’importe quel Pokémon, le sentiment de puissance qu’il accorde à son activation est clairement en dessous du mode Dynamax.

Conclusion :

Cela fait maintenant deux semaines que cet opus est sorti et c’est la première fois que nous avons du mal à définir une note correcte pour un jeu de cette envergure. Le fait est que découvrir et attraper tous ces charmants monstres dans un énorme monde ouvert avec une bonne histoire est vraiment amusant… mais ce nouvel opus est sorti avec beaucoup, beaucoup trop de bugs. Les nouvelles idées audacieuses de cet opus sont fantastiques mais la qualité visuelle, les détails du monde ouvert, la personnalisation et la solidité technique sont clairement inachevés. Il est totalement impossible de jouer à Pokémon Écarlate et Violet sans remarquer certains de ses problèmes de performances. De plus, le jeu coopératif en ligne ne fait qu’empirer tous ces problèmes. Après plusieurs heures passées à parcourir la région de Paldea, il faut tout de même reconnaitre que le jeu est loin d’être mauvais. Certes, il a des défauts, mais les enfants l’adorent. Les adultes pourraient le trouver trop simple et remarquer les nombreux bugs mais l’expérience qu’il procure montre encore une fois que Game Freak sait ce qu’il fait et que la licence à les moyens de se renouveler sans pour autant dénaturer l’œuvre originale.

Pokémon Écarlate et Violet

6.5

Note

6.5/10

POINTS POSITIFS

  • Un cadre varié
  • Une bonne durée de vie
  • Trois histoires différentes

POINTS NÉGATIFS

  • Trop de bugs
  • Des Pokémon absurdes
  • Pas à la hauteur des derniers opus
  • Des décors vides
  • Le prix
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