Dites adieu à votre vie sociale. Nippon Ichi Software vous propose depuis le début du mois le 7e opus de sa franchise culte Disgaea sur PlayStation 4, PlayStation 5 et Nintendo Switch. Au programme : Tactical RPG, univers coloré, personnages déjantés et démesure ! Deux ans après un épisode qui avait bousculé les habitudes des joueurs et reçu un accueil mitigé, la référence du Tactical RPG nous revient. Ce nouvel épisode plaira-t-il aux puristes et est-il susceptible d’attirer un nouveau public ? C’est ce que nous allons découvrir avec ce test de Disgaea 7: Vows of the Virtueless réalisé sur Nintendo Switch via un code fourni par Plaion.
La voie du samouraï
Disgaea 6 nous proposait un véritable voyage dans le netherworld (le monde des démons), passant allègrement d’un décor moyenâgeux à un environnement de série B de science-fiction. Dans ce nouvel épisode, les développeurs ont décidé de se concentrer sur la version « netherland » de l’ère d’Edo. Ainsi, contrairement à FATE/Samurai Remnant, nous sommes ici dans une version complètement déjantée de cette parenthèse de l’histoire du Japon.
L’histoire est celle de Pirilika, une fangirl qui voue un culte au monde d’Hinomoto. « Une province peuplée de nombreux Sous-Mondes… Un monde avec une vision toute particulière du Bushido. » Elle s’apprête à visiter cette terre promise en compagnie de son secrétaire Prinny (la mascotte « Pingouin » de NIS) et de son équipage. Alors qu’elle s’attend à déguster des mets raffinés et à rencontrer des samouraïs en chair et en os, il s’avère que les bushis ont déserté le lieu et qu’il est difficile d’en croiser un. La fameuse Voie du Guerrier a disparu, à cause d’un vil envahisseur.
Arrivée sur les lieux, elle se rend directement dans un restaurant pour déguster de délicieuses nouilles d’ « uwdon » et de « sowba »… Mais elle est très déçue par les nouilles proposées et, comme elle n’a pas sa langue dans sa poche, critique ouvertement le chef de l’établissement. Celui-ci, furieux, ne compte pas en rester là ! Heureusement, Fuji passait par là et s’interpose pour sauver la demoiselle en détresse et botter les fesses des assaillants…
Commence alors une drôle d’aventure pour ces deux protagonistes. De nombreux personnages viendront renforcer les rangs de leur équipe, à l’image du maître de notre samouraï désabusé ou encore d’Ayeyasu, un shogun quelque peu pervers et poltron.
Ensemble, réussiront-ils à restaurer le bushido dans le monde d’Hinomoto ? Le chemin risque d’être long et ardu !
Premier pas dans l’aventure.
Si les aficionados de la série retrouveront vite leurs marques, les nouveaux venus risquent d’être un peu désarçonnés devant la tournure que prend l’aventure et les possibilités offertes par le jeu. Ainsi, au début, chaque niveau commence ou se termine avec un mini tuto qui présente les fonctions clés du titre. Vous apprendrez ainsi très vite à vous servir de la fonctionnalité « soulever et lancer« , qui est la marque de fabrique des T-RPG de NIS. Avec elle, rien ne vous empêche d’aller directement vous confronter au boss d’un niveau dès le premier tour. De même, vous pouvez lancer un ennemi pour les regrouper ou pour essayer de l’enrôler dans vos rangs.
Les Géoblocs sont également présents et permettent de modifier l’effet de certaines cases de l’air de jeu en octroyant des bonus et/ou des malus aux personnages du jeu. Toutefois, contrairement à l’épisode précédent qui permettait d’obtenir un maximum de bonus en les détruisant en chaîne, leur place reste assez secondaire dans l’aventure principale.
Les maps sont variées et la visibilité générale a été améliorée par rapport à Disgaea 6, même s’il demeure quelques soucis parfois. Une fois votre tour terminé, les capacités spéciales des personnages donnent lieu à de petites scénettes souvent amusantes, mais rien ne vous empêche de les zapper pour gagner du temps.
Deux principales nouveautés viennent égayer Disgaea 7. La première se traduit par la possibilité de débloquer le mode luciférien ou « dieu » avec certains de vos personnages lorsque ceux-ci agissent dans le jeu ou se font souvent tabasser. Outre des capacités accrues, cet état vous permettra d’utiliser une capacité unique clé et souvent dévastatrice.
La seconde nouveauté, qui avait été mise en avant lors des trailers d’annonce, est la possibilité de rendre l’un de vos personnages géant ! En effet, une fois remplie, la jauge de rage vous permettra de débloquer le mode Mégamax ! Dans celui-ci, l’effet du personnage est amplifié, mais surtout, ce dernier peut attaquer de nombreux ennemis en une seule fois.
Attention toutefois, vos adversaires peuvent également utiliser cette capacité !
Si nous sommes ébahis lors de la découverte de cette fonctionnalité, il faut bien avouer qu’une fois l’effet de surprise passé, l’effet diminue drastiquement. Devenir géant fera ainsi partie de la routine…
Entre deux chapitres de l’histoire, vous pourrez déambuler dans votre QG pour acheter de nouvelles armes, de nouveaux équipiers, apprendre de nouvelles capacités, obtenir des missions et bien d’autres choses. Toutefois, pour certaines de ces possibilités, il faudra obtenir une permission spéciale.
Ainsi, très vite, vous aurez l’occasion de faire passer des lois au Conseil Infernal. Grâce au mana collecté par votre personnage, vous pourrez ainsi demander au démon de vous autoriser à vous réincarner (vous repartez du level 1 mais avec des capacités renforcées), obtenir des capacités spéciales et surtout ouvrir le comptoir de la triche, qui permettra de modifier les paramètres du jeu. Nous vous laissons découvrir les autres possibilités du jeu, tant elles sont nombreuses.
Car devant son apparence classique, Disgaea propose un gameplay particulier avec lequel il faudra composer pour vraiment exploiter le jeu.
L’art de tricher
Nous l’avons vu précédemment, la possibilité de soulever et projeter les personnages permet de redéfinir complètement l’avancée de vos coéquipiers et vous incite à repenser totalement votre déploiement sur la map. De plus, le comptoir de la triche, accessible assez rapidement dans le jeu, vous permet de redéfinir complètement votre progression. Ainsi, rien ne vous empêche d’augmenter le niveau de vos ennemis ou de redéfinir la façon de gagner de l’expérience. Par exemple, vous pouvez décider de gagner un maximum d’XP au détriment du Mana et de l’argent.
Vous avez également la possibilité de refaire les niveaux déjà effectués pour assurer une progression parfaite à votre équipe. En fait, le game over survient assez vite dans l’aventure, et cela vous obligera à augmenter le niveau de vos personnages ou à trouver de bonnes armes à leur octroyer !
Les objets proposent des caractéristiques complètement folles. Ainsi, certains vous octroient un maximum de PV ou boostent votre attaque comme jamais. Le niveau du personnage en tant que tel peut donc se révéler illusoire. D’autant plus que le monde des objets vous permettra de rentrer dans n’importe lequel d’entre eux pour en tirer des effets bonus et renforcer les caractéristiques. En outre, les armes contiennent des « innocents » qui sont également présents dans cet épisode et vous pourrez les élever afin de les renforcer et les transférer dans d’autres objets.
Cet épisode vous permet même de réincarner les objets eux-mêmes ! Nous vous laissons découvrir les autres nouveautés telles que le mode infernal et les 4 nouvelles classes de personnages. Les possibilités sont énormes et ont de quoi donner le vertige. Mais pour triompher des dangers, il vous faudra faire preuve de ruse et jouer beaucoup.
Le bonheur est dans le farm
Refaire les niveaux déjà effectués en changeant la difficulté, vous aventurer dans le monde des objets ou participer aux tournois constitueront les grosses parenthèses entre deux niveaux. Ce nouvel épisode fait toujours autant dans la démesure, et de nombreuses choses sont à découvrir.
Pour vous faciliter un peu la tâche, le mode automatique est à nouveau proposé. Toutefois, contrairement à l’épisode précédent, ce mode n’est pas illimité et il vous faudra réfléchir avant de l’utiliser à tort et à travers. Ainsi, le point qui avait tant déçu les joueurs du précédent épisode sera ravi de découvrir que ce nouvel épisode a su faire preuve de parcimonie. Pour résumer, chaque bataille vous permet d’obtenir 1 tour de jeu automatique. Vous pouvez également gagner des tours en réussissant des missions ou en remportant le tournoi.
Enfin, notons également la possibilité d’acheter des objets avec de vrais euros pour booster votre XP ou votre Mana. Un choix plutôt discutable même si vous n’avez pas besoin de ça pour avancer !
De même, comme pour l’édition précédente, de nouveaux chapitres exclusifs qui vous permettront de redécouvrir Laharl et son amie ne peuvent s’obtenir qu’en dépensant quelques euros.
Dommage…
Par contre, l’accès aux batailles classées en ligne est gratuit ! Ici vous devez monter votre équipe et participer à des combats automatiques autant que vous le voudrez. N’espérez donc pas pouvoir combattre votre ami du bout du monde dans des combats où vous gérerez tout. Vous affronterez des persos de votre niveau.
Disgaea est donc un jeu chronophage solitaire à la durée de vie incroyable.
Une réalisation honnête
Si Disgaea 6 souffrait de ralentissements et de freezes plutôt gênants sur Nintendo Switch qui obligeaient à sacrifier l’esthétique pour une meilleure fluidité, l’optimisation de ce nouvel épisode sur la machine de Nintendo est à saluer. Certes, la console réfléchit toujours un peu quand il y a beaucoup d’ennemis avant de jouer mais ça reste honorable. Les musiques sont plutôt agréables et le scénario est plus que correct même s’il manque un peu de profondeur et de consistance. Heureusement, l’humour est omniprésent notamment avec les expressions propres à l’héroïne et des situations cocasses. L’interlude entre chaque chapitre est toujours aussi déjanté.
Les phases d’action durant les combats sont originales et bénéficient d’une originalité bienvenue. Les attaques sont spectaculaires et ne manquent pas d’humour non plus. À noter que vous pourrez visiter les chapitres que vous avez terminés pour faire un peu de tourisme et recruter de nouveaux personnages dans votre équipe.
Enfin, le fan service est assez présent et pourrait même rebuter certains joueurs (ou joueuses). Il faut bien avouer que le physique du maître de Fuji est impressionnant !
À noter que le titre est également proposé dans une édition deluxe qui contient un mini artbook et la bande-son numérique à télécharger.
Conclusion
Au final, Disgaea 7 Vows of the Virtueless renoue avec ses bases solides. Si les combats automatiques n’ont pas totalement disparu, le titre se veut plus classique. Ainsi, si vous étiez hypé par la possibilité de devenir géant et pensiez découvrir des possibilités encore plus démesurées avec cette fonctionnalité, vous risquez d’être un peu déçu. C’est en tout cas mon ressenti après avoir passé plusieurs dizaines d’heures devant un titre attachant mais qui manque d’un petit plus vraiment significatif.
Geeknplay vous conseille de jouer à la démo du titre afin de voir si vous accrochez ou non à l’univers de ce 7e épisode et au gameplay plutôt particulier de Disgaea.













