Sorti en 2018 au Japon, le manga Fake Rebellion est dorénavant disponible en France en 2026. En effet, les tomes 1 et 2 sont sortis le 8 janvier 2026, édités par la société Mana Books. Bien évidemment, GeekNplay ne pouvait pas passer à côté de cela, et voici notre avis sur l’œuvre de Yunchan Sasaki.
Fake Rebellion est un manga tout droit sorti de l’imagination de Yunchan Sasaki, qui est à la fois auteur et illustrateur de l’œuvre. De ce fait, le manga est 100 % fidèle à la vision de son auteur. Mais est-ce suffisant pour être un succès critique ? La réponse est positive.Nous n’allons pas nous attarder là-dessus, mais si le manga, sorti initialement dans le magazine Big Gangan au Japon en 2018, arrive chez nous aujourd’hui, c’est parce que la demande est forte, mais aussi parce que les fans attendaient celui-ci depuis longtemps.
Et l’on comprend rapidement pourquoi ! Car les tomes 1 et 2 de Fake Rebellion posent les bases d’un manga dystopique qui détourne volontairement les codes du genre. Certes, le scénario est d’un classicisme certain, avec un monde post-apocalyptique et l’avènement des machines. D’ailleurs, dès les premières pages, le récit installe un monde dominé par les Machines, où l’humanité est classée, triée et exploitée selon ses capacités.
En effet, chaque humain reçoit un rang allant jusqu’à la lettre F et se voit donner une ration de nourriture chaque jour. Pour les machines, vous n’êtes rien d’autre que du bétail qu’elles doivent entretenir, et celles-ci feront le strict minimum pour vous aider et on le comprend rapidement. Dorénavant les machines métalliques sont là, elles dirigent le monde, et si vous vous rebellez, la sanction est immédiate : ce sera la mort… et Il devient donc inimaginable de se rebeller.
On comprend cela très vite, car dès les premiers instants du tome 1, le manga met en avant l’oppression technologique et la manière dont les humains tentent d’y répondre. C’est là que le twist arrive, car si beaucoup d’œuvres mettraient en avant l’éveil d’un peuple mené par des figures héroïques, Fake Rebellion choisit une voie bien plus dérangeante : celle d’une révolution fondée sur le mensonge, la mise en scène et la manipulation des symboles.
La révolution comme imposture
Alerte spoiler : ce début de texte contient potentiellement des spoilers. Si vous ne souhaitez pas le lire, merci de passer au paragraphe suivant, « Une rébellion qui prend forme dans le tome 2».Dans le tome 1 de Fake Rebellion, l’histoire se met tout doucement en place. On y voit un homme errant dans la rue, cherchant à manger, nommé Komaru Kikuhoin, puis, plus loin, dans un autre quartier, une princesse tentant de former une rébellion.
Cette princesse est plutôt jolie et utilise ses atouts ainsi que son « aura » pour manipuler les jeunes rebelles du quartier afin de commettre des méfaits pour elle, ce qui lui permet de manger… Mais rapidement, on apprend que cette princesse n’en est pas une. C’est simplement une mythomane qui s’est construit une identité de façade et s’invente un passé royal pour asservir les gens.
Vous l’avez compris, celle-ci utilise le mensonge pour survivre,et cela n’est pas anecdotique et se transforme rapidement en un véritable outil politique.À travers elle, le manga montre que la révolte n’a pas forcément besoin de vérité pour exister, mais d’un récit capable de fédérer. La « princesse » n’incarne pas l’espoir par légitimité, mais par nécessité. Elle ment parce que le monde exige un symbole, quitte à ce que celui-ci soit factice… D’ailleurs, les rumeurs vont bon train, et le bruit court rapidement que la princesse Hanamiya, héritière du trône de l’ancien empire d’Einheit, serait vivante…
Bien évidemment, utiliser les jeunes du quartier pour effectuer des larcins et se faire passer pour une princesse attire rapidement l’attention de l’empire des machines, qui lance une attaque surprise contre cette princesse fabriquée… C’est alors que le twist intervient avec l’introduction d’un prince capable d’utiliser une arme nommée le Death Genesis Drive, qui se nourrit des regrets pour pouvoir se charger et détruire les machines.
C’est à ce moment-là que se forme officiellement la rébellion, avec la fausse princesse et le prince légitime, qui vont devoir coopérer pour changer la face du monde. Mais arriveront-ils, à eux seuls, à combattre le joug des machines là où une armée entière a capitulé ? Et jusqu’où cette histoire les mènera-t-elle ?C’est sans doute le point le plus intéressant du scénario, car dès à présent, la pseudo-princesse Hanamiya et le prince Komaru Kikuhoin ont leur destin scellé ensemble et vont devoir visiter divers lieux au fil de l’aventure, dont certains ne sont pas forcément joyeux.
C’est à présent que le manga de Yunchan Sasaki prend tout son sens, et c’est ici que l’aventure commence réellement ! Mais est-ce que les personnages vont s’entendre, entre une mythomane et un prince ? D’ailleurs, le fait que ce soit un homme et une femme n’est pas anodin et son, auteur en jouera volontiers…Et dans son monde froid, industriel et robotisé, Yunchan Sasaki à ajouté une touche d’humanité et d’humour à nos personnages, ainsi qu’un peu de fan service dans certains passages.
Une rébellion qui prend forme dans le tome 2
Dans le premier tome, nous faisons plus ample connaissance avec le prince légitime et la princesse, mais surtout avec celui-ci, mis en avant à travers l’arme Death Genesis Drive, capable d’une destruction incommensurable, recherchée par l’Empire des machines. Si cela pose les bases du scénario, il permet également de mettre en lumière un autre personnage proche du prince, mais qui pourtant ne le porte pas dans son cœur.
Sans en dire plus pour éviter tout spoiler supplémentaire, nous pouvons affirmer que le tome 2 de Fake Rebellion est la prémisse de la rébellion. Les rangs du groupe s’agrandissent peu à peu avec de nombreux personnages, qu’ils soient féminins ou androgynes.Mais avant d’en arriver là, nos personnages principaux vont explorer divers lieux et combattre des machines, le tout dans un dédale d’effets de destruction et de fracas.
Visuellement, les vignette du manga accompagne parfaitement le scénario avec des illustrations mettant en avant des corps malmenés et des visages souvent déformés par la peur, la souffrance, le mensonge ou des positions incongrues. L’esthétique est parfois crue, mais elle participe à cette sensation de chaos et de perte de repères dans un monde où l’humain n’est considéré que pour travailler, voire comme du bétail.Vous l’avez compris, l’auteur-illustrateur ne se contente pas de raconter une histoire : il la déploie visuellement avec une précision et une créativité rares. Les planches sont d’une clarté exemplaire, chaque case est lisible et dynamique, et les compositions jouent habilement avec l’espace pour immerger le lecteur dans ce monde post-apocalyptique chaotique. Les décors sont détaillés sans jamais être surchargés ; urbains ou ravagés, industriels ou carcéraux, ils respirent une atmosphère à la fois oppressante et fascinante.
Mais ce sont surtout les phases de combat qui constituent l’un des points forts du manga (en dehors des moment de vie). Sasaki excelle dans la mise en scène des affrontements : on ressent la puissance des échanges, la tension qui monte, et la fluidité des mouvements donne l’impression que les personnages jaillissent littéralement des pages. Les combats ne sont pas de simples explosions d’action gratuites : ils servent la narration… tout comme le Death Genesis Drive, qui se nourrit des regrets.Ainsi, le scénario met régulièrement en avant des personnages disparus ou des proches perdus, des histoires tristes, et se nourrit de ces éléments pour alimenter le lecteur, avide d’en apprendre plus sur la vie des personnages qui viendront grossir les rangs de la rébellion.
Mais les machines vous laisseront-elles tranquilles ? Allez-vous mourir ? Y aura-t-il un tome 3 ? D’ailleurs, s’agit-il simplement de vulgaires nuisances de métal dotées d’une intelligence artificielle ? Ou le monde de Fake Rebellion est-il plus vaste qu’on ne le pense, peuplé d’androïdes, voire de cyborgs ?À cette question, nous ne répondrons pas…Mais une chose est sûre, Fake Rebellion est un manga irrévérencieux qui mise avant tout sur l’émotion pour faire avancer son histoire, alternant phases tristes, moments d’humour, le tout accompagné d’un scénario de qualité.
Ici, le prince n’est pas un héros classique : il est un produit du monde qu’il habite. Sa présence pose une question centrale au manga : que reste-t-il de l’humain lorsque le corps, la mémoire et l’identité sont remodelés par un pouvoir supérieur que sont les machines ? Et si vous souhaitez le découvrir par vous même, nous vous invitons fortement à lire les tomes 1 et 2, disponibles depuis peu au prix de 7,95 € l’unité.

Conclusion
Avec ses deux premiers tomes, Fake Rébellion propose une aventure dystopique mêlant intelligemment un monde gouverné par les machines et la soif d’humanité d’une civilisation parquée et classée comme du bétail.Créée par Yunchan Sasaki, l’œuvre comporte parfois quelques passages abrupts, ou encore certaines vignettes moins lisibles que d’autres, mais dans l’ensemble le manga est de bonne qualité. On apprécie le scénario, ainsi que le fait que l’auteur joue avec les symboles…Et si le prince est le héros de l’aventure, la princesse (il)légitime, mythomane, occupe une place importante dans le récit.
Au final, le tome 1 met en avant les deux protagonistes principaux, et le tome 2 permet de faire la connaissance de plusieurs nouveaux personnages qui viendront grossir les rangs de la rébellion.Chez GeekNPlay, on a apprécié la lecture des deux tomes et l’on vous invite grandement à découvrir Fake Rébellion.
Fake Rebellion
POINTS POSITIFS
- Univers dystopique immersif et oppressant
- Approche originale de la rébellion basée sur le mensonge et les symboles
- Duo de personnages principal efficace et intéressant
- Combats dynamiques et bien mis en scène
- Scénario porté par l’émotion et les regrets des personnages
- Illustrations de qualités de Yunchan Sasaki.
POINTS NÉGATIFS
- Bases scénaristiques assez classiques
- Rythme parfois inégal, avec quelques passages abrupts
- Certaines vignettes moins lisibles que d'autres
- Fan service qui peut diviser les lecteurs


